World Association of Psychoalanysis

 

ELEMENTS POUR L'ANALYSE DU SYMPTOME

Pierre-Gilles Gueguen

Sans doute est-ce seulement au sein de l,orientation lacanienne qu,il est possible de prendre vraiment au serieux le statut du symptome avant, pendant et apres la fin de l,analyse. Et pourtant, nous avons bien conscience qu,il y a une contradiction, ou tout au moins un paradoxe, a parler d,analyse finie et de symptome residuel.
 
Ce paradoxe est le plus souvent gomme par le reste de la communaute analytique mondiale. C,est l,exigence de rigueur de Lacan qui nous force a ne pas laisser dans l,ombre ce qu,aurait de commode le fait d,ignorer le destin du symptome ou de faire accroire, soit que l,on sort *gueri* de l,analyse, soit que le cas etait une mauvaise *indication*.
 
Car on ne guerit pas d,etre parasite par le langage.
 
Ainsi, avec Lacan, nous prenons les choses au plus simple, au plus juste de l,experience clinique, et aussi au plus serre: la psychanalyse comme telle, appliquee ou non, ne guerit pas ; elle traite et elle change le sujet de l,inconscient (qu,elle produit aussi bien). Elle donne souvent des resultats therapeutiques considerables (et aussi bien que d,autres *therapies par la parole*), mais, en un certain sens, le symptome y est toujours plus fort que le traitement. Non seulement nous ne le nions pas, mais, avec Lacan, nous le revendiquons.
 
Au point de considerer que le monde psychanalytique aujourd,hui se partage en deux orientations:
 
- il y a ceux qui pensent d,abord la psychanalyse comme une therapeutique - et c,est le cas dans le courant puissant et actuel de la relation d,objet qui domine aujourd,hui dans l,IPA ;
 
- et ceux qui, dans l,AMP, et la nebuleuse qui l,accompagne (moins nombreux sans doute), suivent le trajet de l,enseignement de Lacan sans rien en rejeter. Cette orientation ne denie pas l,exigence du symptome, qui est d,ordre ethique. En effet, l,enseignement de Lacan se fonde sur l,hypothese que la psychanalyse se soutient d,une dimension ethique qui va bien au-dela de son origine medicale et de sa constante pratique therapeutique.
 
Nous pensons, depuis que Lacan nous l,a enseigne, que la psychanalyse est le seul discours compagnon de celui de la science qui, tout en traitant - comme la science - le reel et en y produisant des effets, peut cependant, a la difference du discours scientifique, prendre en compte les consequences de ce qu,elle fait venir au jour. C,est pourquoi, dans la psychanalyse, le psychanalyste est responsable des consequences de son acte, tout comme le sujet est toujours tenu pour responsable de sa position de jouissance.
 
L,acte psychanalytique s,examine de ce fait sous le jour de l,ethique et non sous celui de la therapeutique. C,est sans doute pourquoi Lacan pouvait faire valoir, en reponse a des etudiants americains (certainement surpris d,une telle affirmation), que *le symptome est ce que beaucoup de personnes ont de plus reel ; pour certaines personnes on pourrait dire: l,imaginaire, le symbolique et le symptome* (*Scilicet*, n° 6/7, p. 41).
 
C,est dire d,une autre facon que la psychanalyse, celle a laquelle nous nous referons, n,est pas une pratique du sens, car le reel annule le sens, il est sans loi. Les mises en garde de Lacan sur ce theme sont nombreuses, et se font au fil du temps de plus en plus pressantes dans son enseignement: il ne faut pas nourrir le symptome de sens, car, ce faisant, il prolifere. Ce point d,Archimede est essentiel a marquer que notre pratique differe des psychotherapies, et sans doute aussi des autres courants psychanalytiques.
 
Ainsi, de l,autre cote de l,Atlantique, l,actuel President de l,IPA, Kernberg, se consacre-t-il depuis longtemps deja a faire valoir une doctrine syncretique qui donnerait de la psychanalyse, au sein de l,institution qu,il preside, le sentiment d,une unite, d,un *common ground*, d,une vision globale, et susceptible d,integrer les differences mineures.
 
Il presente ce courant sous la denomination de *relation d,objet* (*Object Relation*). Cette doctrine, issue pour l,essentiel des travaux du Middle-group anglais, (et en particulier de ceux de Ronald D. Fairbairn), se recommande egalement de Margaret Mahler et d,Edith Jacobson.
 
Or, il est frappant, a la lecture des derniers ouvrages purement psychanalytiques du President de l,IPA (il ecrit egalement des ouvrages davantage psychiatriques), de constater comment, dans la conception de la psychanalyse qui est la sienne, la dimension therapeutique et la dimension du sens s,entrecroisent et s,etayent mutuellement. Pour l,essentiel d,ailleurs, les theses presentees par Kernberg ne different guere de celles qu,un Bouvet pouvait illustrer en France dans les annees 50, et que Lacan a si ardemment combattues. De ce fait, il nous est aise de nous y referer.
 
Il n,est pas sans interet aujourd,hui - ne serait-ce qu,en raison de l,actualite renouvelee de ce courant - de revenir encore sur la separation nette que Lacan a voulue d,avec des collegues qu,il considerait comme egares. Selon les lignes de fracture de la cesure marquee par Lacan, deux avenirs devaient se dessiner pour la psychanalyse: un avenir qui la conduirait toujours davantage a se fondre dans les pratiques de guerison des symptomes et du traitement de leur sens, un autre dont nous avons choisi de soutenir la charge, qui donne a la psychanalyse la tache de prendre le symptome comme signe (Lacan, *Introduction a l,edition allemande des *Ecrits**, *Scilicet*, n° 5, p. 13), c,est-a-dire comme signe d,un mode de jouissance particulier a un sujet de l,inconscient.
 
Ainsi la distinction essentielle n,est-elle pas celle de la psychanalyse appliquee et de la psychanalyse pure, mais celle qui fait passer le tranchant entre les pratiques du sens et la psychanalyse qui s,appuie sur le hors-sens (Jacques-Alain Miller *Le lieu et le lien*, lecon 6). Or, le point d,application de ces differences s,avere etre le symptome presente par l,analysant dans sa plainte, d,ou l,interet d,examiner dans une reunion scientifique telle que celle d,aujourd,hui la facon dont nous traitons le symptome.
 
Il n,y a pas, nous le repetons souvent, de technique psychanalytique lacanienne. Nous pouvons cependant nous referer a un certain nombre de principes directeurs que Lacan nous a legues, a un style de psychanalyse lacanienne dont l,analyse du symptome releve. Ils permettent de tenir compte de l,exigence du symptome au sens ou, objet de la cure psychanalytique, il est aussi une creation du dispositif. Car nous ne traitons pas du symptome au sens medical, mais du manque-a-etre du sujet, dont le symptome analytique (c,est-a-dire le symptome pris dans le dispositif de parole qu,est la cure) est la guise.
 
Le premier principe lacanien d,analyse du symptome, sans doute encore difficile a entendre pour des cliniciens de tradition anglo-saxonne, pourrait s,enoncer de la facon suivante:
 
1 - Detacher la psychanalyse de *l,empirisme baconien* (expression utilisee par Lacan dans sa preface a l,*Introduction a l,edition allemande des *Ecrits**).
 
Dans son ouvrage de 1992, intitule *Agression*, et qui a bien des egards est un traite et un manifeste pour la psychanalyse contemporaine aux Etats-Unis et dans leur zone d,influence, Kernberg commence par un chapitre sur l,affect, qu,il met au fondement de la psychanalyse. L,affect: l,eprouve tout autant que l,observe, le trouble de l,organisme, la revolte du biologique, est donne comme source premiere de toute l,experience psychanalytique. Kernberg affirme que l,observation, mais aussi la neurobiologie, permettraient de fonder toute pratique du sens sur l,attribution d,une signification (bon objet-mauvais objet) aux premieres relations de presence gratifiante et d,absence angoissante de la mere. C,est a partir de la que s,etablirait la dialectique des bons et mauvais objets et que naitrait, procedant de l,affect meme, la dimension langagiere. Ce parti pris epistemologique provient en droite ligne de Klein et de Fairbairn, dont l,empirisme plus naif etait peut-etre plus excusable.
 
Lacan n,a cesse de tenter de nous extraire de cette dimension qui mene a l,analyse des symptomes en termes de projection, d,agression, et d,introjection des objets consideres comme *archaiques* et *pre¦dipiens*. Des le debut de son enseignement et toujours par la suite, il ne laissera pas de nous indiquer que le symbolique, le langage donc, prealable a l,introduction du sujet dans le monde, porte une dimension tierce, celle du manque: manque d,objet, toujours perdu, manque du phallus (qui en tant que signifiant du desir renvoie a la cause du manque davantage qu,au manque lui-meme). Le corps du sujet, loin d,etre premier dans l,experience, est pour nous inharmonique a son etre, exile de lui par le langage qui lui preexiste.
 
C,est pourquoi, dans notre orientation, nous distinguons strictement de l,affect ce que nous appelons *l,evenement de corps*: *C,est parce que le sujet est sujet du signifiant qu,il ne peut s,identifier a son corps, et c,est precisement de la que procede son affection pour l,image de son corps*, signalait a ce propos Jacques-Alain Miller, precisant que c,est la un principe directeur qui est d,ailleurs *le principe de la critique constante que Lacan a pu faire de la phenomenologie de Merleau-Ponty qui essaye de restituer la co-naturalite de l,homme au monde* (Jacques-Alain Miller, *Biologie lacanienne et evenement de corps*, *La Cause freudienne*, n° 45, p. 28).
 
S,extraire de l,empirisme, soit-il presente dans sa version phenomenologique, a des consequences directes sur la technique psychanalytique et les modes d,interpretation (dans le sens ou hors-sens). Il conviendrait encore de mediter sur l,exemple donne par Lacan dans le Seminaire V, a propos de l,analyse d,un reve d,obsessionnel par Bouvet. L,analyste y interpretait le reve au plus pres du sens (entendre ici comme *Sinn*, soit de sa signification), en faisant remarquer a l,analysant ce que le reve contient deja de sens sexuel, a savoir son desir de coucher comme une femme avec son analyste. Lacan oppose alors a la dimension du sens celle du desir comme insense (le desir articule mais non articulable), et signale deja que, contrairement a ce que le nevrose tente d,obtenir en croyant au sens de son symptome, il s,agit, par l,analyse, de lui faire saisir que c,est l,Autre et non pas lui-meme qui est castre.
 
Kernberg, a l,inverse, comme le faisaient les analystes du *French group* au temps de Bouvet, continue a preconiser une pratique de l,interpretation descriptive des fantasmes d,agression et de soumission a l,Autre, dont le transfert est cense donner le point d,application sur la personne de l,analyste. A l,analyse des relations avec l,objet, nous opposons la psychanalyse du manque de relation au manque de l,objet.
 
C,est ce que suggere Lacan en mettant en lumiere le point central pour le dispositif ou se manifeste le desir de l,analyste - hors-sens -, et d,ou s,origine l,interpretation, *au-dela de la parole elle-meme* selon ses termes, ce point qu,indique le *doigt leve du saint Jean de Leonard*.
 
2 - Analyser le symptome a partir de son enveloppe formelle.
 
Le courant de la relation d,objet, en raison de sa lecture du symptome comme desaccord d,avec la realite, comme pur evenement *anti-social*, desaccord qu,il s,agirait de reduire, l,interprete sans tenir compte des signifiants auxquels il s,articule.
 
Nous avons au contraire appris avec Lacan a considerer le symptome a partir de son enveloppe formelle, c,est-a-dire dans sa dimension analytique, et ainsi a le distinguer du symptome empirique. C,est qu,en effet la psychanalyse necessite la mise en forme signifiante du symptome. Le symptome analytique n,est rien d,autre que sa mise en forme par le dispositif.
 
Opposons ici encore les theories du President de l,IPA et l,enseignement de Lacan. Kernberg, en effet, s,interesse au symptome dans son etat initial, celui qui correspond aux descriptions de la nosographie psychiatrique. Cela se lit clairement dans son ambition d,etablir, en ce qui concerne des patients qu,il considere comme repondant au syndrome des *personnalites narcissiques*, une nouvelle categorie nosographique.
 
Il ne revient pas au meme de pratiquer une psychanalyse qui s,appuie, non pas sur le sens, mais sur l,encadrement du symptome par un signifiant qui represente un sujet pour un autre signifiant, et une psychanalyse qui decrit son progres en termes d,assouplissement des defenses archaiques par introjection du bon objet ou par une meilleure integration dans la personnalite des instances structurales freudiennes (moi, surmoi et ca).
 
On peut certes lire une certaine epoque de l,enseignement de Lacan en faisant de lui un thuriferaire du sens dans la psychanalyse, et correlativement interpreter le symptome comme un message bloque a faire parler. On tendra alors a presenter sa doctrine comme une version de l,analyse qui pousse au dechiffrage du symptome, en retrouvant son sens dans l,histoire du patient et dans les avatars du *developpement*. C,est d,ailleurs la voie qui a inspire quelqu,un comme Francoise Dolto.
 
Mais plus profondement, on peut aussi considerer, et c,est ce que fait apparaitre une lecture plus orientee de Lacan, que l,analyse du symptome n,est rien d,autre qu,une prise toujours plus resserree et deplacee de la jouissance qu,il recele, dans un appareillage signifiant toujours plus reduit. Cette modalite de l,analyse, qui tout autant que l,autre requiert le recours aux defiles du signifiant et a leurs jeux de figures rhetoriques, n,est plus une psychanalyse du sens, car elle tient compte de ce qu,il fuit. C,est ce qui amene Lacan a nous orienter vers l,experience du reel dans la psychanalyse, c,est-a-dire vers ce qui est hors-sens, avec toute la difficulte de trouver par quel biais le saisir et le faire valoir dans le singulier colloque analytique. L,institution de la passe contribue a investiguer cette dimension epistemique du symptome.
 
3 - S,appuyer sur le desir de l,analyste.
 
Le symptome n,est pas que reel, il est aussi imaginaire et symbolique. C,est pourquoi l,analysant - pas l,analyste - peut lui donner un sens. C,est meme ce qu,il tente a tous les detours de l,analyse: il deploie ainsi un discours - dont l,analyste veille a ce qu,il ne s,interrompe pas prematurement -, et donne successivement au symptome dont il se plaint differentes valences - autant de facettes de la verite. Il isole ainsi les formes variees que sa jouissance a pu prendre, et en particulier dans les avatars de son rapport au sexe, ou plutot de son exil de l,Autre sexe.
 
C,est ainsi qu,apparait dans l,analyse la logique du fantasme fondamental, qui se presente comme une defense ultime contre la menace de castration et comme une mise en fonction signifiante repetitive d,un mode de jouir.
 
Dans sa critique de la relation d,objet, Lacan fait d,abord valoir que le fantasme ne doit pas etre authentifie comme tel, qu,il a toujours un au-dela et que cet au-dela est toujours interrogeable a partir du desir de l,Autre. Il considere que le fantasme, qui a partie liee avec le symptome, se devoile a mesure que l,analyse se prolonge a condition de ne pas y fixer le sujet.
 
Toute la direction de la cure repose alors sur la conception de l,interpretation que l,analyste met en acte. Pour peu, comme le faisait Bouvet - et comme le preconise encore Kernberg -, qu,il s,applique a interpreter les fantasmes agressifs du sujet a son endroit dans la situation transferentielle, l,analyste fixe le sujet a la jouissance du symptome dans son etat morbide, voire induit des perversions et des impasses dont Lacan rend compte dans les annees 50 avec des mots tres durs, mais preuves a l,appui.
 
Mais alors, au-dela du fantasme, si l,analyste-interprete intervient du lieu d,ombilication du desir de l,Autre, du fait que le desir court indefiniment, la question de la finitude de l,experience se pose, question que J.-A. Miller releve encore une fois pour nous dans un cours recent.
 
S,il n,y a pas de point de capiton, nous ne pouvons cependant pas, Lacan l,a lui-meme montre de diverses facons, nous contenter de presenter l,analyse comme la sequence des versions successives des modalites de jouissance de l,analysant dans une suite infinie orientee par l,infinitude du desir.
 
Et ceci parce que le desir de l,analysant (la question se pose pour le desir de l,analyste) n,est pas infini, comme Lacan l,avait indique des les annees 50. Il est lui-meme de defense, il rencontre sa limite dans la pulsion, en un mouvement de rebroussement sur le reste symptomatique qui devient alors effet de creation. C,est une facon de designer ce qu,ailleurs Lacan tente de cerner par le terme de *Lettre*. Ce qui pose la question des limites de l,analyse du symptome dans une psychanalyse orientee vers le reel.
 
4 - Considerer le symptome comme le mode de presence au monde, le mode de jouir propre a un sujet.
 
C,est dans le rapport a l,Autre sexe et a la question sur sa jouissance que s,examine dans tous les cas le destin du symptome.
 
Sur ce point, les Anglo-saxons considerent comme nous que l,issue de l,analyse ne peut pas ne pas se focaliser sur cet ¦il du cyclone. Toutefois, toute notre difference d,approche tient en deux termes: nous utilisons celui de rapport et meme du rapport qu,il n,y pas, terme qui fait reference au concept et au matheme, eux en utilisent la version phenomenologique: la relation.
 
Sans entrer dans les details d,une theorie que nous sommes supposes connaitre, je me bornerai a signaler que sur ce point Kernberg n,innove pas. L,analyse doit conduire a la disparition du symptome, dont temoigne une relation amoureuse mature, dans laquelle le sujet devient tolerant de sa propre agressivite et de celle de son partenaire, et se montre capable d,empathie, de se faire l,objet de l,autre comme il souhaite que l,autre se fasse pour lui objet de son desir sexuel. Ceci donne la matrice de son adaptation sociale.
 
A l,inverse, quand nous disons avec J.-A. Miller que le symptome de la fin de l,analyse se fait notre partenaire, il faut entendre que c,est un choix qui s,accomplit a la fin de l,analyse et qui porte sur la jouissance. Ayant mesure que l,Autre n,existe pas et que la *relation* a l,Autre, au partenaire sexuel, ne tient qu,a l,amour qui jette un pont de parole sur l,absence du rapport entre des jouissances separees, le sujet devra se faire une raison de son fantasme. Celui-ci, sous l,effet contingent de l,amour, l,introduira a une erotique. Desidentifie, ayant extrait le symptome de ses oripeaux du sens, ayant isole l,insigne et la marque qui encadrent sa jouissance symptomatique, il reste au sujet a en faire le point d,appui de son rapport au monde. Non pas dans le sens de son adhesion a l,etat social, mais dans la solitude qui est la sienne apres avoir isole le mode de jouissance qui lui est propre, et qui resulte du type d,accrochage singulier de la pulsion dans l,univers langagier. Rendu a ce point, le sujet a a decider de la maniere dont il va faire incider son symptome dans l,univers du discours, dans le malaise de la civilisation dont il participe. Il n,est plus en tout cas envahi du manque-a-etre du symptome initial, correlatif de l,allegation du manque-a-jouir sur lequel ce manque-a-etre se deplacait
 
En revanche, le manque-a-etre qui hantait le symptome se reporte sur le devenir analyste. Si c,est vraiment ce qu,il veut, le sujet qui y aspire, aura encore a payer de sa personne. Le manque-a-etre psychanalyste se manifestera a mesure du desir qui anime le sujet pour occuper cette position, et l,interrogera sans cesse sur sa pratique, aux consequences de laquelle il ne pourra desormais plus se soustraire. Le manque-a-etre devient le manque du savoir qu,il faudrait pour s,egaler a la tache analytique. C,est un nouveau paradoxe, car l,acte du psychanalyste se supporte du semblant de l,etre. C,est la qu,une Ecole peut et doit prendre le relais de l,analyse dans un autre mode de traitement du symptome.