World Association of Psychoalanysis

 

L'OUVERTURE DU SYMPTOME

Philippe La Sagna

Freud souligne, dans son *Introduction a la psychanalyse* (1), que le symptome est resistant dans la mesure ou il est un compromis entre la libido et le moi qui, lui aussi, y trouve satisfaction.

La libido refoulee peut amener une alteration du moi, ou *Ichveranderung*. Des 1896 (2), Freud note, dans les nevroses, l,existence d,une telle alteration du moi, a cote du symptome. En 1915 (3), dans son article sur *Le refoulement*, il rattache ces modifications du moi aux formations de substitut. Prenant l,exemple du trait de scrupulosite, il ajoute que l,on ne saurait l,appeler un symptome, car, si la base du mecanisme est la meme, il faut la *separer chronologiquement aussi bien que conceptuellement de la formation de symptome*. Dans son texte *Deuil et melancolie* (4), il montrera comment ce mecanisme, different du symptome, peut mener le moi a sa perte, celui-ci se trouvant definitivement altere par son identification a l,objet perdu.

Dans la deuxieme partie de son oeuvre, Freud montrera le lien fondamental a l,objet que constitue l,identification, qui est a la fois le prototype du lien objectal et la trace de son deuil. Mais ce theme ne sera pleinement developpe qu,a partir des annees 20. Dans sa *Psychologie de masse et analyse du moi* (5), il rapproche, par l,ampleur de ses effets, l,identification a la mere dans l,homosexualite masculine et l,identification qui s,opere dans la melancolie : *Ce qui est frappant dans cette identification, c,est son ampleur, elle mue le moi, dans une de ses parties eminemment importantes, le caractere sexuel.* Le point commun est dans ce cas l,erection de l,objet dans le moi par le biais de l,identification a la mere, ce qui entraine une alteration fondamentale du moi. Dans *Le moi et le ca* (6), il rattachera la constitution du surmoi a ce mecanisme, en montrant que le surmoi conserve la trace des objets abandonnes au niveau du ca. Il faut retenir que la libido, qui etait attachee aux objets abandonnes devenus maintenant objets d,identification, va subir, elle aussi, une alteration qui specifie les formations de substitut par rapport au symptome. La libido sexuelle est transformee en libido du moi et, selon l,expression meme de Freud, elle est *desexualisee*. Il ajoute a propos du moi : *En se posant en objet d,amour unique, en desexualisant ou sublimant la libido du ca, il travaille a l,encontre des visees de l,Eros, il se met au service des motions pulsionnelles adverses*, ce qui rejoint sa remarque dans les *Trois essais sur la theorie sexuelle*, selon laquelle le caractere, qui est aussi une formation de substitut, procede de la sublimation. Une des raisons, qui rendait Freud reticent a l,analyse du caractere, etait le risque d,eveiller, en reveillant *le chien qui dort*, les pulsions destructrices. A la fin de son oeuvre, son article sur *Le clivage du moi* (8) tend a generaliser chez tout sujet un clivage fondamental. Ce clivage se trouvera explicite par Lacan sous la forme de la division du sujet. Il est cependant singulier de voir que Lacan, dans ses derniers seminaires, revient sur la question du moi, au moment meme ou il reinterroge les liens de l,imaginaire et du reel.

La perspective freudienne eut pour effet chez les postfreudiens anglo-saxons d,opposer une clinique du clivage a une clinique du refoulement et du symptome. La notion de division du sujet nous permet de saisir le probleme autrement, mais elle ne resout pas pour autant toutes les questions posees par le destin de la libido.

La libido qui provoque l,alteration du moi se trouve transformee en libido narcissique et s,integre au narcissisme secondaire, la ou le symptome maintient la dimension sexuelle de la libido. Autrement dit, si la libido est maintenant si bien accueillie par le moi, c,est qu,entre-temps elle a change de nature. Dans la sublimation, par exemple, la libido passe par une etape ou elle se trouve *desexualisee*. Si le symptome se presente comme desagrement, c,est qu,il rappelle pour une part au sujet cette dimension sexuelle, soit le caractere ouvert et instable de ce qui peut s,y presenter comme non-rapport, rupture du lien, toutes choses supposees par la sexualite. Dans son cours du 20 janvier 1999, Jacques-Alain Miller a fait valoir que ce qui differencie le symptome du caractere, c,est son rapport a la verite du sujet. Le symptome parle vrai chez le sujet, alors que le meme sujet se tait sur le caractere et sur ce qui s,accorde au moi. Ce silence pouvait etre situe par Freud comme pulsion de mort, la ou s,affirme plutot une forme radicale du refus de savoir pour le sujet.

Dans l,homosexualite masculine, il est d,usage aujourd,hui d,assister a la pleine integration du choix d,objet dans le moi, au prix d,une alteration partielle de l,ideal masculin. Freud avait deja note, a propos de Leonard de Vinci, que l,identification au pere s,accomplit pour ce type de sujet dans des domaines *ne relevant pas de l,activite erotique*. Cette alteration du moi se traduit en general pour le sujet par un inachevement, davantage percu comme un paraitre inacheve que comme un simple manque a etre ou desir. Cela ne rend pas quitte le sujet du symptome, meme a l,interieur de sa sexualite devenue le plus souvent et paradoxalement plus accordee au moi que celle de l,heterosexuel.

Les theoriciens americains du *self*, comme Arnold Goldberg (8), tendent a considerer que l,on peut opposer dans l,homosexualite une sexualite normale, fut-elle perverse, rejoignant par la la position liberale des gays, a une sexualite anormale definie alors comme *sexualisation*. Cette opposition permet a ce psychanalyste d,introduire une distinction entre une activite perverse *normale* et une sexualite pathologique qui, elle, multiplie les partenaires anonymes et se separe de tout lien affectif. Ce type de sexualite, baptisee du neologisme de sexualisation, servirait au sujet a etablir des relations avec des parties clivees du *self*. Si cette sexualisation bannit le sentiment, c,est qu,elle est la trace de blessures affectives et non de problemes lies au desir. C,est une maladie de l,amour renvoyant aux relations d,objets primaires. On comprend qu,il ne soit pas possible pour ces analystes que des pulsions integrees au narcissisme restent sexualisees. Si elles le sont, cela ne peut se faire que de maniere excessive et pathologique, reellement perverse. Il faut donc, en quelque sorte, faire revenir au bercail du narcissisme la sexualite egaree.

Ce point de vue rejoint une demande courante dans l,homosexualite, celle de permettre au sujet de se degager du caractere de contrainte d,une sexualite aussi abondante et anonyme que dangereuse. Ce que revelent les curieux rituels de cette sexualite, c,est bien qu,ils sacrifient a l,existence d,un Autre, Autre que le sujet veut faire exister par la jouissance qu,il lui restitue en s,en faisant l,instrument. Ils celebrent souvent dans le dementi un amour religieux du pere, temoin absent des frasques du sujet. Mais ils expriment aussi sans doute une trace douloureuse du refus de suivre les traces du pere dans le domaine de l,heterosexualite, soit vers l,Autre sexe. On pourrait dire que c,est cette *hyper-sexualite* qui rattache le plus ces conduites au symptome, au sens ou le sujet percoit l,inachevement de sa sexualite comme insatiabilite et faute au regard de l,ideal du moi.

Notre perspective differe de celles des Anglo-saxons, dans la mesure ou nous pensons que le but d,une analyse n,est pas seulement que le sujet adopte une solution convenable pour son moi, voire socialement pour son ideal du moi, mais bien qu,il puisse mesurer en quoi ce qui le gene est porteur de reel, ouverture vers un savoir nouveau qui n,exclut pas l,heteros du sexe, meme si c,est en marquant son absence, sans l,effacer. Pour reprendre un mot d,E. Minkowski sur le desir, il ne s,agit pas d,aller la encore toujours plus loin, voire au-dela, mais de s,apercevoir en quoi un desir est toujours plus ample qu,il ne parait. De meme, une conduite symptomatique peut reveler son *ampleur* et ouvrir une nouvelle dit-mension au sujet.

Lacan, dans son Seminaire sur *Les formations de l,inconscient* (9), remarque que l,achevement de l,OEdipe pour le garcon necessite qu,il integre le fait que le pere possede une puissance phallique susceptible de satisfaire la mere. Il ne fait pas de doute alors qu,un pere trop amoureux manifestera une carence a ce niveau-la, puisqu,il donnera ce qu,il n,a pas, la ou il devrait donner le phallus, soit ce qu,il a, a la mere. Un tel echec du processus oedipien peut decider le sujet a s,identifier a l,Autre maternel, dont il risque de retenir le trait d,un desir inassouvi qui alimentera les appetits sexuels du garcon. Le passage ici du donjuanisme a la bisexualite et a l,homosexualite, revele son fondement. De meme, ce ne sera plus la loi du pere elle-meme qui sera interrogee par le sujet, mais sa puissance, au sens sexuel, voire plus tard la puissance de la loi, voire celle de la vie au regard de la mort.

Lacan remarquait, en 1972 (10), que tous les efforts de la perversion ne permettaient pas au sujet d,approcher la jouissance proprement sexuelle.

Un cas

Ainsi, la paternite peut etre une question qui amene un sujet homosexuel en analyse. C,est en effet autour de ces questions que le sujet vint nous consulter. Les entretiens preliminaires vont reveler en quoi, a l,interieur d,une homosexualite parfaitement consentie, une part de la sexualite du sujet va rapidement prendre la place d,un symptome. L,analysant se plaignait d,etre contraint par son desir a participer a une sexualite collective, ou il se trouvait reduit a la position d,etre symboliquement castre et reduit a rien.

Mais le caractere spectaculaire de ces pratiques ne faisait que dissimuler le trait ou se revelait au mieux la dimension du symptome et de la perversion. En effet, dans ces moments, le patient ne pouvait apprehender ce qu,il etait ainsi devenu a ses yeux, un objet pitoyable. Il ne le saisissait tres classiquement que dans le regard tiers d,un temoin indispensable de la scene. Ce regard necessaire, qui renvoyait au sujet sa division, semblait ici de trop pour son moi et son ethique : c,est meme cela qu,il considerait comme reellement pervers. La violence inherente a la situation heurtait les ideaux humanitaires de ce jeune homme, aussi fin que cultive et progressiste. De meme, il meprisait ses partenaires, chez qui l,inhumanite et le ravalement n,etaient pas uniquement de semblant. Enfin, la necessite du regard tiers lui semblait tourner en derision son activite artistique, portee chez lui a un haut niveau d,ideal, et qui supposait de dompter ce qui du regard restait la pris dans la jouissance.

L,analyse a rapidement montre le lien de cette conduite avec la figure du pere. Celui-ci n,avait-il pas epie l,enfant dans ses jeux ? Etait-ce pour lutter contre l,auto-erotisme du garcon ou pour satisfaire un desir plus pervers ? N,avait-il pas, ce pere, detourne les yeux lorsque son fils avait ete serre de pres par un adulte visiblement pedophile ? Ce pere regardait trop et fermait les yeux a contre-temps.

Mais ce regard etait aussi celui du sujet lui-meme qui espionnait ses parents pour connaitre la cause de leur discorde. La discorde finit par se conclure par la separation. Ce pere etait trop volage au dire de la mere, tant mieux pour le fils aux yeux de qui il se trouvait ainsi virilise.

La mere abreuvait son fils des reproches adresses a son mari, et les rencontres orageuses du couple separe etaient toujours craintes par le garcon. Sa surprise fut totale lorsqu,un jour, apres la separation, il decouvrit que ce couple, loin de se disputer bruyamment derriere la porte comme il le pensait, s,etreignait passionnement. La trahison des parents eut un effet ravageant sur l,enfant qui, a partir de ce moment, developpa une hostilite et un mepris a l,egard du pere. C,etait bien lui le traitre comme sa mere le disait, et ce fut aussi a partir de la que l,inversion de la position oedipienne du sujet se decida. Il devint lui-meme la femme trahie et la mere menteuse, en meme temps que le pere chatre par son amour.

L,enfant se retrouva alors de plus en plus capte par son image ou par celle de ses camarades de jeux. Il passait de longs moments a parfaire cette image dans le miroir. Il lui etait sensible qu,il attendait que quelque chose se passe pour l,arracher a la capture de ce reflet de lui-meme. Des jeux sexuels avec ses camarades s,affirmerent. Ils avaient toujours lieu dans une vieille malle, ou les enfants etaient soustraits au regard, et ils comportaient toujours ce trait de la claustration. D,ailleurs, le lieu ou le pere epiait le fils n,etait-il pas un appentis resserre, et les parents ne se retrouvaient-ils pas eux-memes dans une piece etroite pour echanger des caresses a l,insu du fils ? Ajoutons que la malle degageait une odeur de fumee, liee au pere, odeur qui avait pour le sujet une fonction de fetiche.

Dans la cure, les constructions du sujet, l,abondance de ses reves et les details de ses fantasmes, loin de le separer de sa jouissance, semblaient plutot forger l,ecrin qui la rendait possible. La beaute du tableau, l,agilite des liens servaient-ils ici Eros ou des forces plus obscures qui cheminaient a l,abri de ces constructions ? Ce tour de perversion du dispositif devait etre dejoue par la manoeuvre du transfert qui, ici comme ailleurs, ne se resout jamais dans la technique. Bien plutot, faut-il que le desir decide une rupture dans l,unite du discours.

Autrement dit, c,etait une belle analyse, mais cet appareil si parfait etait dementi par l,absence de deplacement du mode de jouir du sujet. Ce mode n,infiltrait-il pas d,ailleurs le transfert qui, comme il se doit, n,operait ici que d,une transposition, en deplacant sur lui l,energie que concentrait le symptome sans la dissoudre, mais en devenant son abri ? Ce n,est pas par hasard que l,on parle du lien transferentiel, puisqu,il se tisse des liens qui s,operent dans la mise a jour de l,inconscient. Le transfert doit pourtant servir a les denouer, et non a garantir comme lie ce qui se depose de savoir inconscient.

Mais cette satisfaction ne courait si bien en habit de regard que du fait que la voix, en realite, menait la danse. C,etait bien la que se trouvait peut-etre l,issue unique du transfert et du symptome. La passion du sujet pour les espaces restreints, fermes, cachait mal l,horreur de ce qui ne peut se clore, se fermer. Lacan a longtemps insiste sur le fait que l,oreille ne peut se *bouche-clore*, selon son expression. C,est au niveau de l,oreille que la voix se recueille. Ce n,est pas tant l,etre qui est *ouvert* que l,oreille, et tout notre habitat ne mime-t-il pas le reve de fermer ici la porte au discours qui, lui aussi, ne connait pas de cloture mais des deplacements qui ne cessent pas ? Ces deplacements nous necessitent d,opter pour une decision satisfaisante au regard de tous.

C,est l,odeur de fumee fetichee qui assurait pour ce sujet la cloture, soit la possibilite d,unir la jouissance et le corps dans un reve narcissique. Ajoutons qu,elle n,etait pas sans lien avec la pulsion de mort, - comme nous le verrions par la suite -, ou plutot, en suivant Lacan, elle materialisait une ignorance propre a maintenir l,unite du moi et la consistance de l,Autre.

Le devoilement de la fonction de la voix a amene le sujet a retrouver un nouveau gout pour la vie, mais aussi a dechanter sur la consistance de son souvenir-ecran.

Le placard ou il cachait sa tristesse ne pouvait etre celui ou son pere, croyait-il, l,epiait, puisque ce lieu n,avait jamais ete autre chose qu,un lieu noir et sans lumiere. Ce regard qu,il avait surpris au carreau de la porte ne pouvait donc le voir, et sans doute avait-il suivi de peu la voix, l,appel du pere le cherchant. Il n,avait donc pas ete vu mais bien entendu, comme regard cache par le pere.

Faut-il ajouter qu,il a fallu, pour obtenir ce renversement, *deranger* (11) la defense, et que celle-ci fut aussi fortement mise en question par les aleas dramatiques de la vie du patient.

L,effet ne s,est pas fait attendre : le sujet a fait subir un profond deplacement a son activite sexuelle la plus problematique, dans le meme temps ou sa relation a la paternite, y compris celle de ses oeuvres, se deplacait.

Freud souligne qu,un progres n,est jamais que la moitie de ce qu,il parait. Le sujet, reconcilie avec le pere et avec la paternite, a commence une veritable construction, celle d,une maison de campagne. Il a ajoute a cela un nouveau souvenir, eclairant la fonction de la fumee : enfant, il attendait souvent son pere qui tardait a venir ; il restait donc assis devant une cheminee qui tirait tres mal et l,asphyxiait quelque peu. Quand son pere apparaissait enfin, il ouvrait la porte, faisait rentrer un peu d,air frais, et arrachait ainsi l,enfant a sa solitude et a l,etouffement litteral que celui-ci s,imposait.

Lacan, dans le Seminaire V, souligne comment l,homme n,a de cesse, des qu,il occupe un lieu, d,en specifier deux autres, qui sont la prison et le bordel, a quoi il en ajoute un troisieme, l,ailleurs, voire la revolution. Tous ces lieux clos ne sont pas sans lien avec la cloture du fantasme qui sert d,ossature au camp retranche du moi, d,ou s,echappe l,appel vers le dehors. Heureusement, l,ennemi du moi est dans la place et il s,appelle le symptome. Lui aussi peut sembler une construction dans tous les sens du terme, mais celle-ci ne vaut, n,existe, qu,a se defaire, se denouer, et c,est la qu,il devient plus reel qu,imaginaire, voire symbolique. Les noeuds de Lacan ne sont pas des modeles, - Jacques-Alain Miller le soulignait recemment dans son cours -, mais, s,ils participent de la construction, leur reel et leur existence tiennent au moment ou leurs liens se denouent. Ce reel de la rupture du noeud, peut-etre l,obtient-on mieux *a eteindre la notion du beau*, comme le souligne Lacan, qui nous rive a nos constructions souvent trop liees dans l,imaginaire a nos intuitions.

Cette possibilite de denouement releve bien du pouvoir du symptome. Il ne prend vraiment toute sa dimension que dans la cure analytique, et surtout il doit comporter dans son dechiffrement ce qu,il represente : le fait que la sexualite humaine comporte un defaut essentiel. Lacan notait, le 11 fevrier 1975, qu,il faut, pour qu,une construction ait une consistance qui ne soit pas imaginaire, qu,elle ait un trou, soit quelque chose qui se verifie au moment ou un noeud se denoue. Ce trou-la n,est pas le vide, voire la pulsion de mort freudienne, il n,est pas non plus le simple refoulement, mais bien le defaut du langage et du sexe, qui n,apparait qu,au moment ou la vraie nature du lien se revele. Ce trou est curieusement l,assise du moi, puisque la fonction essentielle du moi est de le couvrir dans tous les sens du terme. Peut-etre est-ce ce lien, bien plus que le pere, qui garde la porte ouverte pour nous permettre de respirer ?