World Association of Psychoalanysis

 

Commentaires

Monique Kusnierek

À propos du texte de Vicente Palomera

Je reprendrai le deuxième cas présenté par Vicente Palomera et l interrogerai à partir de la distinction, introduite par Dominique Laurent, entre les deux versants du symptôme : la castration et la pulsion.

Cette femme souffre donc régulièrement de pharyngites, qui lui font problèmes dans l exercice de sa profession. Le cas est déplié en quatre temps.

Premier temps : un souvenir. À l âge de quatre ans, elle voit sa mère, la bouche pleine de sang, à la suite des efforts produits par un accouchement prolongé.

Deuxième temps : un symptôme. À l âge de six ans, elle éprouve des sensations vaginales. Son ventre « fait tic-tac ». Ses parents l emmènent chez le médecin.

Troisième temps : au cours de l analyse. Une intervention de l analyste concernant le déplacement « du bas vers le haut », des sensations vaginales vers la gorge, suffit à atténuer les pharyngites.

Quatrième temps : toujours au cours de l analyse. À la suite de l intervention de son analyste, elle évoque la question que, petite, elle posait à sa mère : « Toi aussi, tu as la petite chose ? » et l élaboration d une fiction sur les sirènes qu enfant, elle dessinait.
La fiction sur la sirène a plusieurs déterminations : l image, vue à la télévision, d une actrice étendue dans une baignoire et arborant une belle queue de sirène ; un rêve ; et surtout la Romance du Conte d Olinos que sa mère lui racontait. « Cette romance parle d un troubadour qui chante pour une princesse qui se trouve dans un château avec sa mère. La princesse demande à qui est cette belle voix. Son père ordonne la mort du troubadour . Et sa mère lui dit qu il n y avait pas de troubadour et que cette voix était celle d une sirène. »

La voix n appartient donc pas au troubadour, mais à la sirène. On dit, en français, que la voix est un bel organe. On en fait une métaphore du phallus. Sans doute, est-ce le cas également en espagnol.

Lorsqu elle a treize ans, elle cesse de dessiner des sirènes. Son frère commente : « elle lui a finalement mis des pattes ». C est alors qu elle commence à souffrir de pharyngites : la voix ne chante plus, elle est enrayée.

Sur le versant de la castration, la voix réfère au bel organe qui n est pas celui du troubadour, mais celui de la sirène. Sur le versant de la pulsion, comme le laisse entendre Vicente Palomera, sans doute est-ce également la voix qui constitue le noyau de son symptôme, la voix qu elle ne sait faire entendre lors de ses pharyngites et qui lui fait défaut dans l exercice de sa profession.

En tout cas, cet exemple montre bien, comme le dit Vicente Palomera, « comment un sujet peut être pris dans les rets du signifiant, non seulement au niveau du sens, mais encore au niveau où le signifiant produit une jouissance du corps affecté par le signifiant ».


À propos du texte de Véronique Mariage

Le texte de Véronique Mariage constitue un véritable joyau qu il nous faut approcher délicatement, sans sauvagerie. Je me permettrai juste une réflexion.

Qui est Dieu pour ce sujet dont elle nous parle ? À partir de ce qui nous est dit, je dirais que Dieu, c est son père. Ou, plus exactement, que son père, c est son Dieu. Et c est sur ce modèle qu elle a choisi ses partenaires amoureux et ses analystes. C est son Dieu au niveau de l amour, celui qu elle aime et auquel elle demande de l amour. C est son Dieu au niveau de la pulsion, celui qui gronde : « Vous devez savoir, le travail est une punition du Bon Dieu » et « Voilà ce qui arrivera à ceux qui sont insupportables ».