World Association of Psychoalanysis

 

Lettre à l éditeur

Bernard Lecoeur

Cher Luis,

Je réponds à la présentation que tu as faite de mon texte, parue dans Ornicar ? Digital n° 182.

D abord pour te remercier vivement de l attention que tu as bien voulu lui porter et de tes termes choisis pour en extraire une question.

Ensuite, parce que je souhaite précisément répondre en quelques mots à cette question portant sur l épissure et la suture, dans le cas du dérangement de la défense.

En réalité, ta question m amène à m interroger sur la pertinence de la distinction entre interprétation et dérangement au moment où Lacan donne une sorte de nouvelle formule de l acte analytique, définition conçue à partir de l apprentissage obtenu par l épissure (janvier 1976).

Il me semble que le couple épissure/suture est à ranger du côté du dérangement. (Je peux ajouter que ce que l on connaît de la pratique de Lacan à cette époque allait plutôt dans ce sens, et parfois violemment). De toute évidence, le couple épissure/suture (E/S) contribue à résorber l effet de sens dans un effet d apprentissage (un effet de faire), celui qui consiste à se faire à une certaine jouissance.

Autre point, ton hypothèse concernant un battement des « opérations » E/S me convient très bien. D autant plus que c est ce que j ai tenté de dire lorsque j envisage un effet d apprentissage qui, certes, est issu de la cure mais ne s y résume pas. Cet effet d apprentissage est censé pouvoir se produire chaque fois que se trouve posée la question de l abord du réel par le symbolique.

En revanche, ta proposition de penser E/S à partir du couple aliénation/séparation (A/S) reste pour moi encore à travailler. Si, comme tu l indiques, A et S sont causales dans le lien du sujet à l Autre, faudrait-il considérer E/S comme autant d opérations conclusives d un certain mode causal de ce lien ? Pourquoi pas, c est une affaire à suivre.

Bien cordialement, Bernard Lecoeur.