World Association of Psychoalanysis

 

Figure de femme

Marlène Belilos

 

Pendant quelques jours, la collection de Dora Maar a été exposée à la Maison de la Chimie à Paris. Elle est maintenant dispersée par une vente aux enchères, dont le dernier épisode aura lieu le 20 novembre à la Salle Drouot. Ainsi en ont décidé les héritières. Héritières inconnues de Dora Maar, et repérées par des généalogistes.

Dora Maar qui n’avait pas de descendance avait légué sa collection à des proches dont elle ignorait qu’elles étaient mortes.

Au-delà de quelques très belles toiles peu connues et jamais montrées de Picasso, il y avait - car la collection est en cours de dispersion - des livres et des poèmes tous adressés, dédicacés à, illustrés pour Dora Maar. D’Éluard surtout, et de Picasso bien sûr.

Pendant qu’ils lui écrivaient, elle les photographiait. Cette collection apparaît comme une trouvaille archéologique, sortie de 40 ans d’exil par la volonté de Dora Maar qui, après sa rupture avec Picasso, s’enferma avec ses images qu’étaient ses objets, tous à elles dédiés.

Au sortir de 9 ans de vie avec Picasso, elle s’était retirée avec un seul énoncé « après Picasso, il n’y a plus que Dieu ». On dit qu’elle finit sa vie dans un respect scrupuleux des règles de la religion
catholique.

Avant cela, elle aurait consulté Jacques Lacan, qui lui adressa en 1946 ses "Propos sur la causalité psychique", avec une dédicace, « à Dora Maar en souvenir de vacances laborieuses ».